Sur les traces de G. Garcia Marquez

Balade toute la journée dans Cartagena, l’un des deux guides achetés, mauvais au demeurant, a retrouvé tout son intérêt ce matin en nous indiquant un parcours spécial Garcia Marquez ❤️ Démarrant à deux rues de notre hôtel, on est entré dans invité Santa Clara où il avait ses habitudes au bar, on a vu sa maison à deux pas de là, et surtout les multiples lieux cités dans ses romans, particulièrement L’amour au temps du choléra. Maison de Fermina Daza, parc des Evangiles où Florentino Aziro guettait sa belle en faisant semblant de lire, parc Bolivar où Gabo a passé sa première nuit à Cartagene. Balade quasi mystique j’avais l’impression d’être avec lui !!

Pour récompenser les filles d’avoir été si patientes avec moi, petit café et jus dans un lieu magique, une véritable oasis, un havre climatisé rempli de livres du sol au plafond, du bonheur !!!

Puis reprise de la balade, Getsmani aux mille couleurs, aux senteurs, à la moiteur, aux rues colorées et pleines de vie

L’après-midi séance culture avec le musée d’art contemporain de la ville. On a été mal habituées… Difficile d’apprécier les œuvres des artistes locaux, à part peut-être Enrique Grau. Et une belle photo de Gabo à l’accueil, c’était sa journée !

Le soir balade sur les murailles pour le coucher du soleil, qu’on n’a pas raté cette fois.

Magnifique ville, à l’atmosphère surannée, vivante, chaude, dans laquelle on passerait bien plusieurs jours à errer de placettes ombragées et fleuries en cafés frais.

Cartagena de Indias

Après un long voyage en collectivo, qui nous a imposé une pause incompréhensible en plein cagnard à côté de Barranquilla (changement de bus au bout d’une heure, mais pour un moins confortable et moins climatisé, après un transvasement long et minutieux des nombreux bagages, les mystères du transport routier !), arrivée tardive, sous un soleil mordant et une chaleur étouffante à Cartagena.

Le trajet en car m’a permis de finir enfin « L’amour au temps du choléra », un des plus beaux livres que j’ai jamais lus, d’autant plus apprécié que je l’ai lu ici 🙂

Ambiance totalement différente à Cartagena, touffeur, moiteur, grouillement d’une grosse ville. Mais au détour des touristes, des calèches, et des sollicitations diverses, de jolies maisons à balcons en bois ouvragés et fleuris, colorées, aux airs méditerranéens.

En attente sur les remparts d’un soleil qui ne s’est pas couché dans le flamboiement que l’on attendait, on est reparties bredouilles, mais seulement après avoir admiré les prouesses d’un wind surfer incroyable, qui s’envolait littéralement dans les airs, seul sur une mer moutonneuse, avec des centaines d’yeux tournés vers lui (et le soleil dont on espérait qu’il allait enfin rougir !).

De notre chambre, qui donne dans une rue animée du quartier San Diego, à deux pas du Centre, la nuit arrive et les bruits s’estompent, jusqu’à presque disparaître. Seuls subsistent encore, de temps à autre, le pas mesuré et d’un autre temps des chevaux aux fers bruyants, qui trottent pour une dernière visite nocturne de la ville à des visiteurs tardifs.

Dans le parc Tayrona

Encore une journée entière d’excursion (celle âprement négociée la veille, qui au final s’est quand même révélée être une arnaque même si la journée fut splendide. Leçon du jour : toujours écouter son instinct…) dans notre deuxième parc naturel colombien, le parque de Tayrona. Sa particularité : être entre mer et jungle, et nous faire circuler entre les plages parmi les plus belles de Colombie.

La promesse n’est pas mensongère ! Après une petite heure de route en mini-bus dans les faubourgs (favélas) de Santa Marta on arrive à l’entrée du parc. Les informations sur le parc, qu’on nous avaient vendues comme une véritable explication de la faune et de la flore du parc, se résument à la lecture de la porte du mini-bus 🙂 Oui oui, la porte du mini-bus reproduit une carte du parc, on y voit le chemin que l’on peut prendre, de vagues dessins de tortues et de poissons, et le nombre précis d’espèces animales et végétales existantes. 5 minutes montre en main en comptant les blagues du « guide » !

Ceci dit, une fois la balade démarrée aucun regret. Ah si peut-être pour Margaux celui d’être une des deux porteuses de sac (le dos de son t-shirt a changé de couleur en moins de 10 minutes 🙂 ) Une chaleur de bête dans cette jungle !!! On chemine dans les cocotiers, les plantes et arbres inconnus et exotiques, et les rochers auxquels les indiens prêtaient des pouvoirs magiques, avec le bruit des vagues en fond sonore (bruit seul, la mer elle se fait désirer et ne se montre pas encore), et de drôles de cris d’oiseaux.

Puis la plage, enfin ! Peu de bains auront été autant mérités… L’eau un peu fraîche nous saisit, elle est précisément à la température qu’il faut pour nous faire oublier la chaleur du chemin. Une fois dans l’eau, se retourner et jeter un œil vers le rivage vaut le détour. Plage de sable blanc cassé, mer bleu clair, gros rochers blancs aux formes doucement arrondies par les vagues (très légère ressemblance avec les formes de la côte de granit rose, la couleur en moins, mais ce doit être mon cœur breton qui s’égare…), les palmiers qui se détachent dans le ciel bleu. Un petit air de paradis.

Fin d’après-midi à buler en alternant bains de soleil et bains de mer, un peu de lecture au milieu.

Le retour à Taganga en fin d’après-midi fut épique et moins reposant ! Une heure de bateau, bateau qui était bien plein, et sur une mer qui était bien mauvaise. Lou et moi étions devant on avait l’impression d’être sans arrêt à 3 m au-dessus de la mer, comme sur un hydroglisseur. Sauf que parfois on retombait, et que ça faisait plutôt penser aux montagnes russes. On a musclé nos cuisses en essayant d’anticiper les creux ! Margaux et Rose, à l’arrière, se sont elles fait tremper par l’écume des vagues croisées. Sur le chemin je pense aux bateaux pirates qui attaquaient les cargaisons royales, 3 ou 4 siècles plus tôt. Je comprends qu’il ne devait pas être si facile d’échapper à l’ennemi sur une mer qui n’a rien de plate et tranquille, entre moutons écumants et rochers émergeants ! Mais nous n’avons, nous, croisé que des pêcheurs isolés et des lanchas remplies de touristes.

Retour mouvementé et mouillé mais on a bien ri !

Demain départ pour Cartagene des Indes et son passé pirate.

Sous le soleil, exactement

Journée à ne RIEN faire. Ah si pardon, lire, jouer aux cartes, bronzer, et rêvasser en regardant les gens… Le parfait agenda du touriste de base. Ce qui est sympa à Taganga, surtout quand on arrive un dimanche comme nous, c’est que le touriste est plutôt Colombien. Ce qui est moins sympa à Taganga c’est que comme nous sommes quasi les seuls touristes non colombiens, tous les attrapes nigauds sont pour nous. On est hélées, interpellées, tous ont des bracelets à nous vendre, des massages à nous faire, des excursions à nous proposer. Il faut marchander sec. Je ne sais pas faire !! J’ai juste réussi à payer notre excursion de demain en dollars, piètre négociatrice !

Notre hôtel donne sur la plage mais ce n’est pas la plus belle du coin paraît-il et cet après-midi elle était noire de monde. On s’est donc éloignées à bord d’une lancha pour rejoindre playa grande (qui bien entendu était plus petite et tout aussi noire de monde), mais moins populaire (comme a dit Lou c’est normal, c’est la plage des riches il faut payer pour la rejoindre…).

Sans regrets ceci dit, le spectacle était sur la plage. Parties de foot improvisées, familles très nombreuses s’ébrouant dans l’eau, et danses… on a eu droit à une démonstration impressionnante d’une espèce de hip-hop sud-américain incroyable !

Retour à l’hôtel juste à temps pour le coucher du soleil, rougeoyant somptueux. Bonheur total.

Au pays du café

Impossible de visiter la Colombie sans visiter una finca de café. Ce que nous avons fait hier à côté de Salento. Encore un petit quart d’heure de jeep parmi des paysages somptueux sur un chemin caillouteux, où nous avons croisé quelques touristes courageux qui marchaient, ou courraient pour certains , une bouteille d’eau à la main (ah l’amour du footing !).

Arrivée à la finca Osato, perdue dans la campagne, plus de 70 espèces de végétaux répertoriés (il n’y a pas que du café !) et presque autant d’espèces d’oiseaux. Nous avons suivi une visite d’une heure, on est incollables sur le caféier et son cycle de vie, le grain de café et son évolution, sa récolte (on a même mis la main à la pâte !), son séchage, sa torréfaction, et sa dégustation

Peu de mécanique, beaucoup de travaux manuels. Je repense à l’expo photo de S. Salgado vue cet hiver, qui déjà m’avait fait envisager le café différemment, plus humainement. Impression renforcée encore, je visualise le travail nécessaire pour la récolte de chaque grain, son tri, l’œil et l’amour qu’il faut. Dans la bouche des quelques Colombiens croisés, le mot « amour » revient souvent, et pas nécessairement appliqué à quelqu’un. Mais l’amour mis dans ce que l’on fait, que ce soit la récolte du café ou une marche en forêt. L’amour pour être meilleur, se surpasser, se sublimer, savourer. Chouette philosophie…

À la fin de la balade, moment tant attendu de la dégustation. J’apprécie de boire un bon café, savoureux, suave, qui n’a rien à voir avec le traditionnel expresso. Plus subtil, plus varié, portant beaucoup de douceur. Même Rose a vaillamment bu sa tasse, grande première pour elle !

Cette visite fait écho, aussi, à la vie de Balzac, dont je viens de lire la biographie, et qui serait mort d’un excès de café. Grosse pensée pour lui il aurait adoré matérialiser et voir tous ces arbustes courts sur pattes, d’un vert profond, aux grains allant du vert au brun profond, à l’origine de sa passion.

On était tellement bien dans cette finca perdue au milieu de nulle part qu’on a prolongé le moment en profitant du chant des oiseaux et du paysage, en s’occupant un peu 🙂

Retour à Salento, qui s’est remplie de monde pendant notre excursion. La ville est jolie, colorée, mais beaucoup moins de charme que Salamina, moins authentique.

Jeudi soir nous avons même réussi à trouver une pizzeria pour changer du sempiternelle plat paisa. Grand moment quand le propriétaire, tout content de voir des Français (sa fille parle français couramment, est allée au lycée français de Pereira et a étudié à Toulouse), nous demande, une fois nos pizzas servies et alors que nous avions la bouche pleine, de nous prendre en photo 🙂 On a accepté bien sûr, et je me demande bien sur quel réseau social on s’est retrouvées ensuite, avec quel commentaire !

En fin d’après-midi départ pour Pereira, changement d’avion à Bogota, pour atteindre notre prochaine destination, Taganga.

À l’aéroport de Bogota longue attente, et l’absence de table n’a pas effrayé les filles qui, pleines de ressources, ont trouvé comment poursuivre notre partie de coinche

Arrivée à minuit à Taganga, un peu surprises par la température de 29 degrés qui nous cueille à la sortie de l’aéroport. Sur la route on devine la mer, dont la couleur turquoise se laisse encore un peu désirer… Vivement qu’on la découvre.

La valle del cocora

Toujours à Salento, une journée entière d’excursion dans le parc naturel de las nevadas dans la valle del cocora.

Les quatre forêts, c’était le thème de notre excursion. Déjà, le trajet jusqu’au parc, une dizaine de kilomètres, était un délice. Notre guide Pedro nous a fait nous lever dans notre petite jeep rouge, et on a pu profiter du paysage au mieux.

Puis début de la ballade. On a commencé doucement, du bas de la vallée, explications sur les parcs naturels colombiens, celui-ci en tout particulier, les volcans, dont un tout proche encore en activité. Nous passons devant une colline toute douce, qui laisse voir dans ses formes un homme de profil, le nez tourné vers le ciel. Pedro nous dit qu’il regarde les étoiles

Au bout de 45 minutes environ, ça commence à monter un peu, entrée dans la jungle. Là nous avons enchaîné une série de ponts de singe, qui passaient au-dessus de petites rivières aux flots limpides et rapides.

Sur le long du chemin nous sommes accompagnées de cris d’oiseaux, des perroquets, de toucans, et d’autres aux noms inretenables ! Notre guide est incollable, un peu bavard parfois, j’aurais bien aimé plus profiter du silence de la forêt 🙂

Après deux bonnes heures de marche nous arrivons dans une d’inca aux colibris, qui porte bien son nom. Il y en a partout, des noirs, des bleus, adorables avec leur long bec et leur battements d’ailes incessants

Après le déjeuner, bienvenu (éternel plat colombien fait de riz, frijoles, bananes plantain, un peu de salade, et chorizo ou œuf, bienvenu mais on s’en lasse un peu !!! nous repartons vaillamment.

À force de tendre l’oreille pour écouter les commentaires de Pedro, j’ai fini par être moins vigilante et je chute… Sur le coccyx, très douloureux. Pour me faire aller mieux Pedro m’a fait m’asseoir et bouger un peu les jambes, les relever, les plier. Ce qui a beaucoup fait rire les filles (les coquines), qui trouvaient qu’ainsi j’étais dans la même position qu’une femme en train d’accoucher…. Fini par repartir, douloureusement (mes fesses se souviennent encore de la chute et je pense jusqu’à la fin du séjour !).

Nous avons entamé une ascension de 200m, doucement, au fil des commentaires de Pedro, passionnants, sur l’histoire de la Colombie et des noms de ville (Proust est jusqu’ici !!!). En haut, un vrai temps de montagne, ciel blanc, on a sorti les blousons.

La redescente fut splendide, en dévoilant les palmeras de cera, en quantité impressionnante, qui se détachaient sur le vert de la vallée et les petits nuages accrochés à la montagne. Magique !

Transition

Salamina-Salento aujourd’hui, encore quelques heures de route. Un chauffeur TRÈS bavard, qui nous a presque empêchées de dormir… Escale à Manizales, gare routière. Une heure pour récupère un papier, une autorisation pour notre chauffeur de nous transporter. Il a fallu se montrer, donner nos noms, numéros de téléphone, et payer… On se rend compte alors de la chance qu’on a de vivre en Europe, pouvoir circuler et voyager comme on le souhaite, partout et librement…

Dans la voiture, lecture toujours…. Finalement, la dizaine de livres emportés ne sera peut-être pas de trop 🙂 Paysages splendides, surtout à la sortie de Salamina, qui décidément a été un vrai coup de cœur. La ville, ses alentours, ses habitants adorables. Et que du local ! Pas de tiendas à touristes qui vendent bracelets et sacs de tissus colorés… Mais des magasins, des vrais, échoppes de café, bouchers, et une que j’ai adoré, espèce de bric-à-brac d’un autre siecle

Arrivée à Salento, escalade obligée des 250 marches qui nous ont conduit au mirador tant vanté. En fait, beaucoup de quémandeurs en tous genres, on nous a tout proposé, café glaces bracelets et autres babioles. Achat des bracelets des vacances quand même !

Vivement demain, escapade dans la nature, quelques heures de marche en perspective.