Cabalgata dans les Sierras de Córdoba

Journée de rêve.

Hors de la ville, hors du bruit, hors du bitume.

J’ai passé la journée dans une estancia, el Rosal, dans la Sierra, à 1h de route de Córdoba.

D’abord le silence. Bruit du vent, chant des oiseaux, quelques vagues aboiements de chiens pour nous ancrer dans la réalité de temps en temps. Tour de la propriété, on passe devant le rio Agua oro, où déjà les Indios, Il y a plus de 500 ans de cela, venaient pour se servir en eau bien sûr, mais aussi, à l’aide de trous creusés à même les rochers, préparer des médecines ou piler des ingrédients pour la cuisine. Le temps semble être suspendu, on s’attend à voir, au détour du chemin, un Indien surgir.

Deux balades à cheval dans la journée, la deuxième plus longue, longeant le rio, plus sauvage.

Arrêt sur image. Penser fortement, prendre conscience avec chacun des pores de ma peau, que je suis au bout du monde, de l’autre côté de l’équateur, au milieu de rien, enfin de pas grand-chose. Devant moi il y a un cheval, d’autres derrière, et, tout autour, une variation de vert et de marron. Des arbres, des buissons, des arbustes de vert tendre, foncé, brillant, argenté même parfois. S’échappant du sol jusqu’à environ 1,50 m, de grandes touffes de fleurs blanches, comme une neige anachronique. Des tiges en forme de candélabre d’où s’échappent de petites boules beiges. En haut d’une bonne montée, les arbres s’espacent, et on domine le paysage, du vert à perte de vue, un océan de verdure. Et quand on sort de la forêt, quand on ne longe plus le rio, on se trouve alors devant une espèce de grande étendue emplie d’herbe verte et grasse (une sorte de gazon ?), seulement parsemée de fleurs et de pierres rondes, dont on se demande si elles sont là de façon naturelle où si un être humain les y a placées dans une tentative d’harmonie chromatique. Mystère.

Les bruits ? Le froufroutement du rio. Les pas irréguliers des sabots. Le chant des oiseaux (je reconnais juste le roucoulement de la tourterelle et celui, si caractéristique, du loro – la perruche). Parfois, rarement, le glissement de la brise dans les arbres aux feuilles un peu sèches.

Au-dessus de nous, le ciel le plus bleu, avec juste ce qu’il faut de nuages effilochés pour ne pas s’en lasser.

Voir tout ça du haut d’un cheval change un peu la perspective ! On est plus haut bien sûr, on voit donc plus loin que d’habitude. Et puis il n’y a pas vraiment besoin de regarder autre chose que le paysage (inutile de regarder ses pieds et où on marche, se méfier d’éventuels trous ou bouses…), ou vaguement de temps en temps quand même, pour vérifier qu’il n’y a pas une branche d’arbre qui dépasserait douloureusement (je m’en suis prise une, ensuite j’ai fait plus attention !).

Osmose totale avec la nature, s’y fondre et ne faire qu’un. Voir de nouvelles choses. À un moment dans la forêt, entre deux arbres secs, il m’a même semblé voir un cheval blanc, quasi transparent, étrangement silencieux, qui me souriait…

En plus entre ces deux cabalgatas, j’ai mangé un excellent asado ! Légumes grillés et viande fondante, avec, tout autour, ce léger goût de caramel salé qu’on ne trouve qu’ici… Le tout arrosé d’un bon petit vino tinto… Forcément, la micro-sieste à l’ombre était ensuite une évidence… Juste l’assoupissement réparateur qui permet de continuer à percevoir les bruits extérieurs et la brise berçante. Divine…

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