Medellin, boucle bouclé

Dernier jour à Medellin, dernier jour en Colombie, dernier jour de vacances 😦

Ce matin Margaux est partie très tôt, snifff, nous avons traîné un peu. Petit déjeuner pantagruélique avec une vue sur tout Medellin, splendide !

Le matin, à l’assaut du métro, puis le jardin botanique. Résumé de la faune et de la flore colombienne, on est restées en admiration (ou dégoût ?) pendant longtemps devant une espèce d’iguane venu des temps lointains, qui glissait sur les branches des arbres en hérissant ses épines dorsales. Errance de banc en banc, à la recherche des orchidées (ce n’est pas la saison, ou alors les jardiniers ne sont pas plus doués que moi 😊) et des papillons. Moment suave et reposant.

L’après-midi, visite de la place Botero et du musée Antioquia, dédié à l’art colombien. Découverte dudit Botero, tout en rondeur (il ne peint pas les gros mais les formes dit-il, et c’est vrai ). Belle découverte.

Pause café avant de repartir sur la place, café de l’hôtel. Le « café Botero » portait bien son nom, noyé dans la glace et la crème chantilly, miam !

On a un peu couru pour avoir notre avion, groupe de rap chantant sur la place impossible de ne pas s’arrêter, embouteillage, taxi arrêté, option métro, marche très rapide sur les collines de la Pobleda. Ouf… Le chauffeur qui nous a conduites à l’aéroport a mérité la palme du plus drôle du séjour. Touchant, car aimant profondément son pays et sa ville (comme beaucoup de Colombiens rencontrés), mais très très bavard ! Il roulait à 10 à l’heure (alors qu’en Colombie l’usage est de ne pas respecter les limitations de vitesse…), me commentait chaque coin de rue rencontré (en me regardant à chaque fois, j’ai fini par ne pas relancer la conversation pour qu’il regarde plutôt devant lui), nous montrant la discothèque où allait Pablo Escobar, sa maison. Trouvant tout « bonito », élogieux et prosélyte. Quand, alors que je commençais à reluquer impatiemment l’heure, il a voulu s’arrêter à un mirador pour nous faire admirer la vue sur sa ville j’ai un peu calmé ses ardeurs en lui disant que nous n’avions pas le temps… Quand on pense que finalement, l’hôtesse nous a proposé un avion partant plus tôt que celui prévu parce que nous étions en avance, je regrette un peu !! Ce sont les Colombiens, qui prennent le temps de vivre et de savourer, qui ont raison.

Point final d’un magnifique voyage. Une seule envie, repartir.

Rien

Difficile de raconter le « rien » 🙂 Nous sommes arrivées il y a deux jours, et avons une activité proche de zéro ! Ah si, hier, nous avons profité du temps couvert pour marcher jusqu’au pueblito, sensé être charmant. Pour le trouver nous avons traversé l’île quasi dans toute sa longueur. Beaucoup de marécages (et de grosses araignées qui ont fait peur à Rose), et on se rend compte qu’entre deux hôtels et deux « éco-campings », l’île est sans aucun charme. Arrivées au village, un peu triste. Des maisons de bric et de broc, quelques restaurants peu appétissants, et deux magasins. Nous avons fait une provision d’eau et sommes reparties.

Ce matin, plongée masques-tubas. Toujours aussi étrange et procurant une impression de liberté totale, que de respirer dans l’eau comme des poissons, et chercher leurs bancs du regard. Des bleu, des noirs et blanc, des jaunes, des coraux blancs rosés, dans une eau de cristal turquoise. Chouette !

Au milieu de ces maigres activités, on avale les livres et les parties de cartes. On a pour ça essayé tous les recoins de l’hôtel, de la plage jusqu’aux hamacs.

Le rien, c’est quand même un peu de choses finalement. Juste être là, écouter le frétillement des vaguelettes, observer les scintillements mouvants du soleil sur la mer, vérifier ses changements de nuances dans le bleu (profond, clair, blanc, turquoise), regarder le vent dans les palmiers. Et admirer le héron, qui se pose imperturbable sur le banc d’algues, en début d’après-midi, vers 15h, quand le soleil commence à décliner. Il est là, tout seul, son long cou tendu vers le ciel, dos à la plage et comme regardant l’horizon (plus probablement cherchant les poissons dans l’eau, mais j’aime croire qu’il regarde l’horizon). Il reste là pendant près de deux heures. Peut-être qu’il attend ? Ou qu’il « espère » (joli ce mot espagnol, « esperar », au double sens…).

La nuit tombant la solitude prend l’île. Seuls restent quelques-uns pour la nuit, impression étrange et très agréable d’être loin de tout, de flotter, parenthèse.

Île du soleil perdu

Arrivées hier sur isla grande, dans l’archipel des islas de rosario, à une poignée de kilomètres de Cartagene. Pendant trois jours, ne rien faire, surtout ne rien faire, juste emmagasiner le soleil et la couleur de l’eau. Et lecture (ma pile de livres a servi presque entièrement !), et cartes bien sûr.

Image conforme aux promesses 😊

Nous sommes au bout sud de l’île, et quasi seuls dans cet hôtel (9 seulement à passer la nuit, laquelle d’entre nous a mentionné les dix petits nègres en entendant ça ? 😊), une impression de bout, de bout du monde. Toujours adoré les îles et ce sentiment d’isolement qu’elles procurent. Hier soir nous n’entendions que le bruit du vent, des oiseaux, et des vagues…

Ce matin changement d’ambiance, l’orage a grondé toute la nuit et il pleut. Le perroquet chatoyant s’est caché et la mer a pris une couleur triste et grise. Même les palmiers semblent moins verts.

Sur les traces de G. Garcia Marquez

Balade toute la journée dans Cartagena, l’un des deux guides achetés, mauvais au demeurant, a retrouvé tout son intérêt ce matin en nous indiquant un parcours spécial Garcia Marquez ❤️ Démarrant à deux rues de notre hôtel, on est entré dans invité Santa Clara où il avait ses habitudes au bar, on a vu sa maison à deux pas de là, et surtout les multiples lieux cités dans ses romans, particulièrement L’amour au temps du choléra. Maison de Fermina Daza, parc des Evangiles où Florentino Aziro guettait sa belle en faisant semblant de lire, parc Bolivar où Gabo a passé sa première nuit à Cartagene. Balade quasi mystique j’avais l’impression d’être avec lui !!

Pour récompenser les filles d’avoir été si patientes avec moi, petit café et jus dans un lieu magique, une véritable oasis, un havre climatisé rempli de livres du sol au plafond, du bonheur !!!

Puis reprise de la balade, Getsmani aux mille couleurs, aux senteurs, à la moiteur, aux rues colorées et pleines de vie

L’après-midi séance culture avec le musée d’art contemporain de la ville. On a été mal habituées… Difficile d’apprécier les œuvres des artistes locaux, à part peut-être Enrique Grau. Et une belle photo de Gabo à l’accueil, c’était sa journée !

Le soir balade sur les murailles pour le coucher du soleil, qu’on n’a pas raté cette fois.

Magnifique ville, à l’atmosphère surannée, vivante, chaude, dans laquelle on passerait bien plusieurs jours à errer de placettes ombragées et fleuries en cafés frais.

Cartagena de Indias

Après un long voyage en collectivo, qui nous a imposé une pause incompréhensible en plein cagnard à côté de Barranquilla (changement de bus au bout d’une heure, mais pour un moins confortable et moins climatisé, après un transvasement long et minutieux des nombreux bagages, les mystères du transport routier !), arrivée tardive, sous un soleil mordant et une chaleur étouffante à Cartagena.

Le trajet en car m’a permis de finir enfin « L’amour au temps du choléra », un des plus beaux livres que j’ai jamais lus, d’autant plus apprécié que je l’ai lu ici 🙂

Ambiance totalement différente à Cartagena, touffeur, moiteur, grouillement d’une grosse ville. Mais au détour des touristes, des calèches, et des sollicitations diverses, de jolies maisons à balcons en bois ouvragés et fleuris, colorées, aux airs méditerranéens.

En attente sur les remparts d’un soleil qui ne s’est pas couché dans le flamboiement que l’on attendait, on est reparties bredouilles, mais seulement après avoir admiré les prouesses d’un wind surfer incroyable, qui s’envolait littéralement dans les airs, seul sur une mer moutonneuse, avec des centaines d’yeux tournés vers lui (et le soleil dont on espérait qu’il allait enfin rougir !).

De notre chambre, qui donne dans une rue animée du quartier San Diego, à deux pas du Centre, la nuit arrive et les bruits s’estompent, jusqu’à presque disparaître. Seuls subsistent encore, de temps à autre, le pas mesuré et d’un autre temps des chevaux aux fers bruyants, qui trottent pour une dernière visite nocturne de la ville à des visiteurs tardifs.

Dans le parc Tayrona

Encore une journée entière d’excursion (celle âprement négociée la veille, qui au final s’est quand même révélée être une arnaque même si la journée fut splendide. Leçon du jour : toujours écouter son instinct…) dans notre deuxième parc naturel colombien, le parque de Tayrona. Sa particularité : être entre mer et jungle, et nous faire circuler entre les plages parmi les plus belles de Colombie.

La promesse n’est pas mensongère ! Après une petite heure de route en mini-bus dans les faubourgs (favélas) de Santa Marta on arrive à l’entrée du parc. Les informations sur le parc, qu’on nous avaient vendues comme une véritable explication de la faune et de la flore du parc, se résument à la lecture de la porte du mini-bus 🙂 Oui oui, la porte du mini-bus reproduit une carte du parc, on y voit le chemin que l’on peut prendre, de vagues dessins de tortues et de poissons, et le nombre précis d’espèces animales et végétales existantes. 5 minutes montre en main en comptant les blagues du « guide » !

Ceci dit, une fois la balade démarrée aucun regret. Ah si peut-être pour Margaux celui d’être une des deux porteuses de sac (le dos de son t-shirt a changé de couleur en moins de 10 minutes 🙂 ) Une chaleur de bête dans cette jungle !!! On chemine dans les cocotiers, les plantes et arbres inconnus et exotiques, et les rochers auxquels les indiens prêtaient des pouvoirs magiques, avec le bruit des vagues en fond sonore (bruit seul, la mer elle se fait désirer et ne se montre pas encore), et de drôles de cris d’oiseaux.

Puis la plage, enfin ! Peu de bains auront été autant mérités… L’eau un peu fraîche nous saisit, elle est précisément à la température qu’il faut pour nous faire oublier la chaleur du chemin. Une fois dans l’eau, se retourner et jeter un œil vers le rivage vaut le détour. Plage de sable blanc cassé, mer bleu clair, gros rochers blancs aux formes doucement arrondies par les vagues (très légère ressemblance avec les formes de la côte de granit rose, la couleur en moins, mais ce doit être mon cœur breton qui s’égare…), les palmiers qui se détachent dans le ciel bleu. Un petit air de paradis.

Fin d’après-midi à buler en alternant bains de soleil et bains de mer, un peu de lecture au milieu.

Le retour à Taganga en fin d’après-midi fut épique et moins reposant ! Une heure de bateau, bateau qui était bien plein, et sur une mer qui était bien mauvaise. Lou et moi étions devant on avait l’impression d’être sans arrêt à 3 m au-dessus de la mer, comme sur un hydroglisseur. Sauf que parfois on retombait, et que ça faisait plutôt penser aux montagnes russes. On a musclé nos cuisses en essayant d’anticiper les creux ! Margaux et Rose, à l’arrière, se sont elles fait tremper par l’écume des vagues croisées. Sur le chemin je pense aux bateaux pirates qui attaquaient les cargaisons royales, 3 ou 4 siècles plus tôt. Je comprends qu’il ne devait pas être si facile d’échapper à l’ennemi sur une mer qui n’a rien de plate et tranquille, entre moutons écumants et rochers émergeants ! Mais nous n’avons, nous, croisé que des pêcheurs isolés et des lanchas remplies de touristes.

Retour mouvementé et mouillé mais on a bien ri !

Demain départ pour Cartagene des Indes et son passé pirate.

Sous le soleil, exactement

Journée à ne RIEN faire. Ah si pardon, lire, jouer aux cartes, bronzer, et rêvasser en regardant les gens… Le parfait agenda du touriste de base. Ce qui est sympa à Taganga, surtout quand on arrive un dimanche comme nous, c’est que le touriste est plutôt Colombien. Ce qui est moins sympa à Taganga c’est que comme nous sommes quasi les seuls touristes non colombiens, tous les attrapes nigauds sont pour nous. On est hélées, interpellées, tous ont des bracelets à nous vendre, des massages à nous faire, des excursions à nous proposer. Il faut marchander sec. Je ne sais pas faire !! J’ai juste réussi à payer notre excursion de demain en dollars, piètre négociatrice !

Notre hôtel donne sur la plage mais ce n’est pas la plus belle du coin paraît-il et cet après-midi elle était noire de monde. On s’est donc éloignées à bord d’une lancha pour rejoindre playa grande (qui bien entendu était plus petite et tout aussi noire de monde), mais moins populaire (comme a dit Lou c’est normal, c’est la plage des riches il faut payer pour la rejoindre…).

Sans regrets ceci dit, le spectacle était sur la plage. Parties de foot improvisées, familles très nombreuses s’ébrouant dans l’eau, et danses… on a eu droit à une démonstration impressionnante d’une espèce de hip-hop sud-américain incroyable !

Retour à l’hôtel juste à temps pour le coucher du soleil, rougeoyant somptueux. Bonheur total.